7 février 2026
BlogSociété

Jouer à Frogger m’a rendu violent

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Des fois je me demande pourquoi je suis ce que je suis, et pourquoi je pense ce que je pense. Par exemple, je n’ai pas le permis de conduire, quand j’annonce ça parfois ça créé une surprise immense « Mon dieu tu n’as pas le permis, mais alors tu vas mourir ? », ou alors les gens sont simplement étonné, et se demande pourquoi. C’est vrai ça, pourquoi ?

Je parle souvent de raisons qui semblent normales et acceptables par tous : J’ai une tendance à ne pas réussir à rester concentrer longtemps sur ce que je fais, donc je deviendrais un danger pour les autres, et les autres d’ailleurs me font peur, avec leur façon toute particulière d’interpréter le code de la route.

Mais ce matin en lisant un message publié par le très sympathique Marcus sur sa page Facebook, et qui concernait une énième allusion au fait que les jeux vidéos rendent violent de la part de Natacha Polony dont je parlais sans m’étendre dans un récent article sur mon blog, je me suis posé la question une nouvelle fois…

Ne serais-je pas un terroriste défendant la cause des grenouilles, car dans mon enfance j’aurais été traumatisé après avoir perdu au jeu Frogger ?
Je suis souvent énervé quand je vois un 4×4 rouler à bien plus de 70 km/h en ville, je suis triste quand je vois une grenouille (Frogger) ou un hérisson (Sonic) écrasé sur une petite route. Ne pas passer le permis serait une première étape, viendrait ensuite le massacre de tout conducteur de 4×4…

Non sérieusement…

Dans cette émission, Natacha Polony est face à l’auteur d’un livre qui revient sur les tueries de Toulouse et Montauban, il a du évoquer dans le livre les jeux vidéos, ça fait peut-être écho à une de ces études rapprochant comportement agressifs et jeux video violents, et elle se retrouve à parler de quelque chose qu’elle ne connait pas, mais qui va pour beaucoup sonner comme « La solution contre la violence, c’est d’interdire les jeux vidéo », un raccourcis malheureux qu’elle ne veut probablement pas faire, mais qui se fera peut-être dans la tête des gens qui la regarde.

On fait également le même raccourcis avec la télévision, un grand classique. Tant qu’à parler de l’affaire de Toulouse et Montauban, on pourrait tenter maladroitement un lien avec le cinéma, le premier assassinat a eu lieu le 11 mars 2012, une semaine avant était diffusé le film Elephant sur France 4, est-ce que ce film l’aurait influencé ?

Si ils peuvent influencer ou conditionner, ce n’est pas un livre, un film ou un jeu qui dictera précisément à quelqu’un ce qu’il doit faire, c’est une somme de tout un tas de chose, et surtout c’est son éducation qui feront qu’il passera ou non à l’acte.

Il y avait déjà des assassinats, des guerres, et de la violence avant les jeux vidéo, la télé, et même avant les religions puisqu’elles sont souvent montré du doigts également.

A croire qu’il faut toujours trouver un coupable histoire que tout le monde soit content. Si à chaque fois on s’interroge sur les loisirs d’un assassin pour savoir ce qui l’aurait poussé à tuer, sans s’intéresser à son profil psychologique, on finira par tout interdire bêtement.

Des gens tuent au nom de la religion, interdisons les religions !
Des gens tuent pour l’argent, interdisons l’argent !
Des gens meurent de faim, interdisons la faim !
Des gens qui voulaient vivre tuent, interdisons les gens qui veulent vivre !

On ne peut pas contester que les jeux de guerres sont très réalistes aujourd’hui, mais si les parents se souciaient de ce que leur enfants achètent comme jeux, si le travail d’éducation était fait dès le départ, et sans trop de relâchement, un enfant de 10 ans ne se retrouverait pas sans surveillance à jouer à un GTA, ou connecté sur les serveurs de jeux comme Battlefield ou Call of Duty, ce qui est trop souvent le cas.

Les normes PEGI sont peut-être imparfaites, mais elles peuvent déjà assister les parents et leur permettre de surveiller ce que l’enfant choisi comme jeu, vous n’êtes pas obligé de les respecter à la lettre, mais au moins vous pouvez vous dire qu’il ne faut peut-être pas le laisser jouer seul au début.

Il faut aussi être conscient que les jeux de guerres sont utilisés par l’armée pour entrainer, et habituer les soldats, peut-être même pour banaliser le fait de tuer. Aujourd’hui la guerre avec des drones pilotés à distances ressemblent à s’y méprendre à des jeux.
Alors il faut bien réfléchir avant d’acheter un jeu de guerre réaliste, mettant en scène un conflit avec un parti pris pour un camp. C’est très différent de jouer à un simple jeu violent ou un personnage fictif se bat contre d’autres personnages fictif, et de jouer à un jeu ou on est un soldat américain qui fait la guerre sur le sol Irakien pour éradiquer le terrorisme.

Ne vous contentez pas d’interdire car vous ne pourrez pas toujours être là, mais si vous achetez des jeux pour vos enfants, essayez de savoir si il est prêt à jouer des heures à ce jeu, et ne le laissez pas jouer seul les premières parties si vous avez des doutes, n’hésitez pas à parler avec lui pour qu’il vous dise précisément ce qu’il pense quand il joue. On le laisse pas un enfant lire n’importe quel livre, voir n’importe quel film, alors on ne le laisse pas jouer à n’importe quel jeu.

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